Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Chroniques, nouvelles et billets d'humeur de l'Affreux Jojo.

Publicité

Vie

Il a fallu des milliards d’années pour que les amas de gaz forment des galaxies, des planètes. D’autres milliards d’années pour que le miracle de l’improbable ait lieu : la vie.


En quatorze milli-secondes, tout peut basculer.

 

En quatorze milli-secondes, des neurotransmetteurs s’agitent convulsivement, rebondissent tels des boules de flipper furieuses aux extrémités des neurones et provoquent un courant électrique butant sur les parois d’un crâne.


En quatorze milli-secondes, le cerveau de l’homme atteint la potentialité de l’univers alors que les arcs magnétiques crépitent dans la masse spongieuse du cerveau et forment la pensée. La pensée de laquelle jaillit, en une fraction de seconde nulle au regard de l’échelle du Temps, le second miracle de l’improbable : l’idée.


Cette nuit, à 3h42 du matin, quinze milliards d’années après le Big-bang, les yeux aveugles rivés au plafond, les mains croisées derrière la nuque, les pensées à la dérive, seuls résonnaient à mes tempes le martèlement sourd de mon cœur. Poum poum, poum poum, poum poum. L’idée. Elle a jailli. J'ai soudain compris. Je l'ai trouvée : l'équation fondamentale de la Vie.

Non pas une équation permettant de prévoir les équilibres quantitatifs inter-espèces, non, je parle de l'équation fondamentale qui régit la Vie elle-même, avec un grand V s’il vous plaît.

Des chercheurs se sont depuis l'aube de la connaissance penchés sur cette énigme cosmique qui serait la clef de la compréhension absolue du plus grand mystère de la création.


En vain.


En un éclair fulgurant, entre la quarante et unième et la quarante deuxième seconde de cette heure nocturne fatidique, en un battement cœur, la lettre a jailli à ma conscience ; car cette équation mystérieuse se réduit à une seule lettre : le delta grec, autrement appelé dans l'analyse fonctionnelle mesure de Dirac, du nom du mathématicien américain, symbolisant la division par zéro.

La mesure de Dirac peut s'illustrer par un saut. Un point singulier jaillissant d’une droite infinie. Une discontinuité. Nous n'existons pas avant notre naissance, nous vivons le temps d’un battement de cœur, un segment de mesure nulle au regard du Temps : le point isolé d’une droite, puis nous rejoignons le néant rectiligne que nous avions quitté un trop bref instant.


Vous l'avez compris : l'équation fondamentale de la Vie se réduit à V = Delta.

 

La Vie est une discontinuité de la Mort. Youpi.


Il y a pire : si vous demandez à une machine de tracer cette équation, vous obtiendrez un pique, l'élan de la Vie qui s'élève et retombe lourdement dans l’oubli. C'est précisément le tracé d'un battement de cœur.

 

Comme un message radio, depuis le commencement du commencement, l'organe symbolisant entre tous le vivant nous renvoie inlassablement cette formule restée jusqu'à présent dans l'ombre. Pour être ébloui par l’équation de la Vie, il suffit d’écouter son cœur.


Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article